Ça chauffe dans nos montagnes

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Après Saint-Gervais, plus de gelées… Pâques au tison, Noël au balcon…S’il pleut à la Saint Médard il pleut 40 jours plus tard… Qui n’a jamais entendu ou utilisé ces proverbes météorologiques. Mais va t-on pouvoir encore prévoir le temps avec ces dictons dans les prochaines années? “Y’a plus de saisons ma bonne dame…” car le climat de la Terre se réchauffe. Explications…

Depuis plusieurs décennies nous constatons une modification du climat de la Terre, caractérisée par un accroissement de la température moyenne à sa surface, par le recul des glaciers et la fragmentation des banquises… Les activités humaines renforcent l’effet de serre par l’émission de divers gaz (méthane, dioxyde de carbone, azote).

Face à ce réchauffement climatique* des conférences internationales sur le climat ont lieu régulièrement depuis 1970. L‘accord de Paris est le premier accord universel sur le climat. Il fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015 lors de laquelle 55 pays se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quelles sont les conséquences probables de ce changement climatique dans le monde ?

Elévation du niveau des mers avec inondation des terres comme au Bangladesh, Pays-Bas, deltas, îles et atolls…Évaporation plus intense des océans et rejet de vapeur d’eau dans l’atmosphère augmentant encore plus l’effet de serre (la vapeur d’eau est un puissant gaz à effet de serre).

Fréquence plus élevée des cyclones, tempêtes. Pluies plus abondantes dans les régions tropicales. Disparition d’espèces végétales et animales. Flux migratoires.

Les conséquences probables en France ?

Baisse temporaire des températures en Europe de par le blocage du Gulf Stream (circulation océanique modifiée par l’arrivée d’eau douce issue de la fonte des glaciers).

Aridification du pourtour méditerranéen. Disparition de nombreux glaciers alpins. Réduction du manteau neigeux dans les Alpes et les Pyrénées.

Et dans le Vercors ??

Le changement climatique dans le Vercors se caractérise par une augmentation des températures qui provoque une diminution des précipitations neigeuses, une augmentation des périodes de pluie intenses, des périodes de sécheresse l’été plus longues et plus intenses…

Plusieurs milieux sont impactés (forêts avec le recul des résineux, diminution des réserves en eau, évolution de la biodiversité…) et l’économie du territoire est fragilisée (tourisme, agriculture, risques naturels).  Pour aller plus loin.

Le parc Naturel Régional du Vercors a engagé un plan d’actions afin de comprendre le changement climatique et mettre en place des politiques et des outils de lutte contre le changement climatique tout en sensibilisant le public à cette question.

Quelles sont les solutions locales ?

En 2015, le projet ADAMONT a été lancé en collaboration entre l’IRSTEA et le PNR Vercors. L’objectif des chercheurs est de mettre en place des actions d’adaptation au changement climatique en milieu de moyenne montagne tout en continuant à développer l’économie de ces territoires. Le projet a d’ailleurs été retenu comme une des mesures de mobilisation nationale vers la Cop21 sur les enjeux du climat et de la biodiversité.

Le démantèlement de trois téléskis dans trois stations ou la création de la marque de territoire « Inspiration Vercors » avec l’objectif de renforcer la notoriété du territoire l’été et donc l’offre hors neige.

Que faire à notre échelle pour diminuer notre impact ?

Il est possible de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre de plusieurs manières :

  • Transports : privilégier les transports en commun grâce au réseau Transisère ou le covoiturage. Illicov propose de covoiturer avec départ garanti entre le Vercors et Grenoble. 
  • Alimentation : préférer manger des produits frais, locaux et de saison pour réduire les transports et l’utilisation d’énergie pour chauffer serre ou frigos. De nombreuses fermes sur le massif du Vercors, les boucheries/fromageries locales ou la coopérative Vercors lait par exemple proposent lait, viande, œufs, miel, huile, beurre, ravioles, fromages…Limiter sa consommation de viande permet de réduire l’utilisation d’eau et d’engrais azotés.
  • Loisirs : limiter ses déplacements en voiture, l’utilisation de remontées mécaniques (y accéder en navettes bus)…préférer le tourisme à pied, à cheval… Certains hébergements touristiques utilisent des énergies renouvelables. Pour aller plus loin. 
  • Habitat : utiliser des matériaux écologiques nécessitant moins d’énergie dans la chaîne de production (bois, paille, chanvre…) en vérifiant leur provenance. Choisir une maison à la superficie correspondant aux besoins réels de la famille et diminuer les consommations d’électricité (lampe basse consommation, appareils classe A, éteindre les veilles des appareils…), d’eau (douche plutôt que bain, mousseurs…). L’habitat collectif ou mitoyen peut aussi être une solution. Il est possible de choisir un fournisseur d’électricité dite renouvelable. 
  • Chauffage : bois issu de forêts gérées durablement dans le Vercors. Baisser la température de la pièce.

Et vous, quelles sont vos idées pour agir face au réchauffement climatique?

N’hésitez pas à contacter l’association pour nous exposer vos projets.

Sources : Larousse.fr, dictionnaire-environnement.com, Parc du Vercors, irstea.fr, placegrenet.fr

2 réflexions au sujet de « Ça chauffe dans nos montagnes »

  1. Super synthèse ! Vert&Co a l’ambition d’accompagner la transition des habitants du Vercors vers un mode de vie plus respectueux de la planète, et moins impactant sur les dérèglements climatiques, avec les Comptoirs Vert&Co, un projet qui verra bientôt le jour, ouvert à tous ceux qui partagent nos préoccupations pour l’avenir, en Vercors comme ailleurs.

  2. Cathy

    Bonsoir…
    je vais jouer le rôle du petit caillou dans la chaussure de ce discours; l’idée étant d’apporter de l’eau au moulin et que chacun quelque soit ses moyens puisse participer à la transition.

    Dans le Vercors l’alimentation est chère : que ce soit en grande surface, sur les marchés (comparé à la vallée du Rhône, de la Drôme, aux marchés grenoblois), ou en ajoutant le coût (monnaie, carbone et temps) d’un aller retour en agglomération.
    Alors oui, mille fois oui pour consommer local bio et responsable mais ce n’est pas à portée de toutes les bourses. En revanche, on a la chance d’être sur un territoire rural, montagnard ou savoir faire et traditions peuvent se transmettre. La connaissance des ressources, la récolte, le ré-aprentissage de la conservation des aliments, les achats groupés… sont à mon sens des idées aussi à exploiter. On fait comme les anciens, mais différemment en vivant avec notre temps?

    L’habitat, c’est la question qui me fait hurler!
    Imaginons que sans apport, sans CDI sans… bon bref, les banques ne prêtent qu’aux riches c’est bien connu !!! Et on pourrait faire une thèse complète sur l’immobilier en Vercors 4 montagnes (puisque c’est bien de cette zone dont on parle principalement)
    Dans ce cas on se retrouve locataire. Et là comment parler intelligence énergétique????
    Chauffage défaillant, et plus qu’énergivore à faible rendement, isolation inexistante, fuites… Depuis 94 que je vis ici et, outre la difficulté de trouver un logement, je n’ai jamais été dans une habitation correcte. Des cartons dans les fermetures de fenêtres, des infiltrations d’humidité sur des pan entier avec moisissure, des canalisations qui explosent en plein hiver, des portes de garage aux travers desquelles on voit le jour, des murs extérieurs congelés, des chaudières à fioul tellement obsolètes que les chauffagistes engagent leur responsabilité à chaque entretien (d’ailleurs le règlage pour l’émission des gaz toxiques est leur seul souci car… côté rendement, ils ne peuvent plus rien faire depuis longtemps). La liste n’est sans doute pas exhaustive. Ce discours peut également être contrebalancé car il ne s’agit que de mon expérience de 24 ans dans 5 habitations de 5 propriétaires différents. Et parlez leur de travaux… l’offre est tellement faible par rapport aux besoins que si vous n’êtes pas contents…

    On finit avec les loisirs. J’ose ?
    Quoi? Moi, ah non je n’utilise pas les remontées… je fais de ski de rando! Vous connaissez l’augmentation de la pratique (multi-massifs) et les impacts sur des zones qui, jusque là étaient encore si ce n’est préservé, du moins réservées. Je n’ai pas de chiffres, je ne sais pas s’ils existent (difficile quand un loisir ne génère pas d’économie directe). C’est exactement le même problème que la fréquentation de la montagne (j’ose? loups, bergers, patous, randonneurs (à pied vtt etc, chasseurs…). On fait quoi? des ghettos? chacun sa place?
    C’est exactement comme en station : là où le niveau de pratique ne permettait pas d’accéder en téleski jusque dans les années 95 aux sommets et aux difficultés de redescente, météo (froid, vent, brouillard, absence de visibilité… on voit aujourd’hui des personnes en chasse neige, avec des “petits”enfants, sur des pistes noires, sans voir leur spatules, montés facilement en télésiège… Je grossis le trait mais c’est exprès. On le verra sous peu avec les VAE.
    On arrive donc à des questions tout aussi philosophiques que nos changements d’habitude : démocratiser les pratiques de loisirs de pleine nature non encadrée (plus haut (ski) plus loin (VAE), plus nombreux (en montagne) est il sans impact sur la dangerosité et l’environnement?

    Et ce qu’on souhaite, c’est l’attractivité du territoire : entreprise, business, tourisme… augmenter! profiter de la proximité de grands bassins de population mais en gardant son âme… Est-ce vraiment une équation réaliste et/ou qui en vaut la peine?

    Sans être rétrograde, il me semble que l’avenir s’appelle slow… loin de toute boulimie d’expansion.
    Alors oui à Vert&co, oui à la transition, oui à la vertu mais sans se voiler la face… le chemin est long, ici comme ailleurs. La réalité un peu éloignée de bonnes pratiques ou des idées qui brillent sur le papier. Ca me fait penser aux éoliennes ou des fermes de panneaux solaires: “Je suis contre les centrales nucléaires mais pas pour défigurer mon paysage et impacter la présence des oiseaux…”
    Merci de continuer à nous proposer de nouvelles solutions, à nous inciter et merci pour tout le travail de l’asso que, je soutiens, bien évidemment.

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